En 2025, plus d’une entreprise belge sur trois utilisait déjà au moins une technologie d’intelligence artificielle. Pourtant, dans beaucoup d’équipes, ces outils sont adoptés sans méthode, sans règles communes et sans formation. Voici pourquoi 2026 est le bon moment pour se former, chiffres officiels et obligations légales à l’appui.
L’IA est déjà au travail dans les entreprises belges
Selon l’enquête 2025 de Statbel sur l’utilisation des technologies de l’information dans les entreprises, 34,5 % des entreprises belges utilisent au moins une technologie d’intelligence artificielle. La proportion atteint trois entreprises sur quatre parmi celles qui comptent plus de 250 salariés. Les outils d’analyse automatique du langage écrit figurent parmi les usages les plus répandus : près d’un quart des entreprises y ont recours (Statbel).
La Belgique se situe nettement au-dessus de la moyenne européenne. D’après Eurostat, 20,0 % des entreprises de l’Union comptant au moins 10 salariés utilisaient l’IA en 2025, contre 13,5 % un an plus tôt. Les pays les plus avancés sont le Danemark (42,0 %), la Finlande (37,8 %) et la Suède (35,0 %). L’usage le plus fréquent consiste à analyser du texte, devant la génération d’images, de vidéos ou de sons et la génération de textes (Eurostat).
L’IA entre aussi au bureau par les usages personnels
Du côté des citoyens, 32,7 % des Européens de 16 à 74 ans ont utilisé un outil d’IA générative en 2025. La plupart l’ont fait à titre personnel, mais 15,1 % s’en sont servis dans un cadre professionnel (Eurostat). Autrement dit, même dans une organisation qui n’a rien décidé, des collaborateurs utilisent probablement déjà ChatGPT, Gemini ou Copilot pour rédiger un courriel, résumer un document ou préparer une présentation. La question n’est donc plus de savoir si l’IA arrivera dans votre structure, mais si elle y sera utilisée correctement.
Le principal frein n’est pas technique : ce sont les compétences
Les outils sont accessibles en quelques clics. Ce qui manque, c’est la manière de s’en servir. Eurostat le confirme : parmi les entreprises européennes qui ont envisagé d’utiliser l’IA sans franchir le pas, le manque d’expertise est la raison la plus citée, par près de 71 % d’entre elles (Eurostat, Statistics Explained).
Utiliser un assistant conversationnel n’est pas la même chose que l’utiliser bien. Sans formation, on retrouve presque toujours les mêmes symptômes :
- des demandes vagues qui produisent des réponses génériques, qu’il faut ensuite réécrire entièrement ;
- des informations inventées par l’outil (les « hallucinations ») reprises telles quelles dans un document ;
- des données de clients ou de collègues copiées dans un outil grand public, sans vérifier ce qu’elles deviennent ;
- chacun teste dans son coin, sans partager ce qui fonctionne et sans règles communes.
Ces problèmes ne viennent pas des outils eux-mêmes, mais de l’absence de méthode. C’est précisément ce qu’une formation permet de corriger.
La maîtrise de l’IA est désormais une obligation légale
Le règlement européen sur l’intelligence artificielle, l’AI Act (règlement (UE) 2024/1689), contient un article 4 consacré à la « maîtrise de l’IA ». Cette obligation s’applique depuis le 2 février 2025 aux fournisseurs de systèmes d’IA, mais aussi à leurs « déployeurs », c’est-à-dire aux organisations qui les utilisent dans un cadre professionnel. Le SPF Économie cite d’ailleurs expressément les outils d’IA générative comme ChatGPT ou Copilot parmi les applications couvertes par l’AI Act (SPF Économie).
Ce que prévoit l’article 4 depuis l’omnibus numérique
Le règlement (UE) 2026/1744, dit « omnibus numérique sur l’IA », publié au Journal officiel le 24 juillet 2026 et entré en vigueur le 27 juillet 2026, a reformulé cet article. Les fournisseurs et les déployeurs doivent désormais prendre des mesures pour favoriser le développement de la maîtrise de l’IA par leur personnel et les autres personnes qui utilisent les systèmes d’IA pour leur compte, en tenant compte de leurs connaissances, de leur expérience et du contexte d’utilisation. Le texte précise que l’obligation ne contraint pas à garantir un niveau spécifique de maîtrise pour chaque individu (texte consolidé sur EUR-Lex).
L’obligation a donc été assouplie, pas supprimée. Selon les questions-réponses de la Commission européenne, les règles de surveillance et de contrôle s’appliquent à partir du 3 août 2026. Aucun certificat n’est exigé, mais l’organisation peut tenir un registre interne des formations et des initiatives d’accompagnement (Commission européenne).
L’AI Act ne s’applique pas aux personnes qui utilisent l’IA dans un cadre strictement personnel et non professionnel. Pour un particulier, se former reste un choix ; pour une organisation, c’est aussi une manière de répondre à l’article 4. Cet article est une information générale et ne constitue pas un conseil juridique.
Ce qu’une formation change concrètement
Des demandes mieux formulées, des résultats plus utiles
Donner un contexte, préciser le public visé, fournir un exemple, imposer un format : quelques principes simples suffisent souvent à transformer une réponse banale en un premier jet exploitable. Dans un cabinet comptable, cela peut être un courriel de relance clair et courtois ; dans une PME industrielle, une procédure interne reformulée pour de nouveaux opérateurs ; dans un commerce, des descriptions de produits adaptées au ton de la maison.
Des risques identifiés et maîtrisés
Une bonne formation apprend à reconnaître les erreurs des modèles, à vérifier les chiffres et les références, et à ne jamais confier à un outil des données qu’il ne devrait pas recevoir. Elle replace l’usage de l’IA dans le cadre du RGPD et de l’AI Act, sans jargon inutile.
Des outils choisis en connaissance de cause
ChatGPT, Claude, Gemini, Mistral, Microsoft Copilot : les offres se ressemblent en surface mais diffèrent sur les fonctionnalités, l’intégration à vos logiciels et le traitement des données, en particulier entre les versions grand public et les offres destinées aux entreprises. Comprendre ces différences évite des abonnements inutiles et des mauvaises surprises.
Des pratiques partagées dans l’équipe
Former une équipe ensemble permet de construire un langage commun : une charte d’utilisation, une bibliothèque de requêtes qui fonctionnent, des règles claires sur ce qui peut ou non être confié à l’IA, et des personnes de référence en interne. C’est souvent là que se joue la différence entre quelques essais isolés et une adoption durable.
Qui devrait se former en priorité ?
Tout le monde n’a pas besoin du même niveau ni du même contenu. Quelques profils gagnent particulièrement à se former dès maintenant :
- Les dirigeants de PME, pour identifier les cas d’usage pertinents et fixer des règles internes : formation IA pour PME.
- Les collaborateurs qui utilisent déjà l’IA au quotidien, souvent sans cadre : formation IA pour employés.
- Les indépendants, pour gagner en autonomie sur la rédaction, l’organisation et la communication : formations IA pour indépendants.
- Les équipes marketing et communication, très exposées aux outils génératifs : formation IA et marketing.
- Les fonctions juridiques, RH et les responsables de la protection des données, pour encadrer les usages : sensibilisation AI Act et RGPD.
- Les particuliers qui souhaitent démarrer sur de bonnes bases : formations IA pour particuliers.
Comment choisir une formation IA vraiment utile ?
L’offre de formations s’est multipliée. Avant de vous engager, vérifiez quelques points simples :
- Vos cas réels — la formation part-elle de vos tâches, de vos documents et de votre secteur, ou d’exemples génériques ?
- Votre niveau — le contenu est-il adapté aux participants, débutants comme utilisateurs réguliers ?
- La pratique — quelle part du temps est consacrée à des exercices sur ordinateur plutôt qu’à des démonstrations ?
- L’actualité — le programme tient-il compte des outils et des règles de 2026, qui évoluent très vite ?
- Le cadre légal — la confidentialité, le RGPD et l’AI Act sont-ils traités concrètement ?
- Le suivi — des supports sont-ils remis pour continuer à pratiquer après la formation ?
Sources
- Statbel — TIC et e-commerce dans les entreprises (enquête 2025)
- Eurostat — 20 % of EU enterprises use AI technologies (11 décembre 2025)
- Eurostat — Use of artificial intelligence in enterprises (Statistics Explained)
- Eurostat — 32.7 % of EU people used generative AI tools in 2025 (16 décembre 2025)
- EUR-Lex — règlement (UE) 2024/1689, version consolidée au 27 juillet 2026
- Commission européenne — AI Literacy, questions and answers
- SPF Économie — Vous utilisez l’IA au sein de votre entreprise
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