🇺🇸 Une victoire symbolique pour l’industrie américaine
Nvidia a commencé la production de ses puces Blackwell sur le sol américain, en Arizona — une première historique.
TSMC, le géant taïwanais de la microélectronique, y investit 65 milliards de dollars pour ériger trois méga-usines, le plus grand investissement étranger jamais réalisé aux États-Unis.
Pour la première fois, les processeurs les plus puissants du monde, ceux qui alimentent l’intelligence artificielle générative d’OpenAI, Meta ou Anthropic, quittent le sol taïwanais pour être produits sur le continent américain.
Mais derrière cette annonce triomphale, se cache une illusion de souveraineté.
Une dépendance technologique toujours bien réelle
Les wafers — les plaquettes de silicium servant de base aux semi-conducteurs — sont bel et bien produits en Arizona.
Mais pour devenir des puces d’IA pleinement fonctionnelles, ils doivent être renvoyés à Taïwan pour une étape critique : le packaging avancé (Advanced Packaging), basé sur la technologie CoWoS (Chip-on-Wafer-on-Substrate).
Et cette technologie, seule TSMC la maîtrise à grande échelle… à Taïwan.
Sans elle, la puce reste inutilisable.
Autrement dit :
Les États-Unis fabriquent les composants, mais Taïwan détient la clé finale.
Cette configuration hybride — production en Arizona, assemblage final en Asie — n’est pas une souveraineté industrielle, mais un théâtre géopolitique.
Les chiffres qui brisent le mythe
Selon les données actuelles, l’usine d’Arizona ne couvrira que 5 à 10 % des besoins totaux de Nvidia.
En cas de conflit autour de Taïwan, cette capacité serait largement insuffisante pour maintenir les chaînes d’approvisionnement d’OpenAI, Google, Meta ou Amazon.
Le CHIPS Act américain a mobilisé 52 milliards de dollars, dont 11,6 milliards pour TSMC.
Mais la production aux États-Unis coûte 3 à 4 fois plus cher qu’à Taïwan.
Sans subventions permanentes, cette initiative ne peut pas être rentable à long terme.
🇪🇺 Et l’Europe dans tout ça ?
Le EU Chips Act promet 43 milliards d’euros pour relancer une filière stratégique.
Mais en réalité, aucune fonderie de pointe n’existe encore sur le sol européen.
Intel prévoit une usine à Magdebourg (Allemagne), mais accuse plusieurs années de retard technologique face à TSMC et Samsung.
Le constat est clair :
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Les États-Unis construisent un plan B.
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L’Europe, elle, observe et dépend — de Taïwan pour les semi-conducteurs,
des États-Unis pour les systèmes d’IA,
et de la Chine pour les chaînes logistiques.
Un risque stratégique pour toutes les entreprises
Pour les entreprises européennes, cette dépendance n’est pas une théorie, mais un risque à évaluer concrètement.
En cas de crise dans le détroit de Taïwan :
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Comment réagirait votre infrastructure IA ?
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Avez-vous prévu des sources alternatives pour vos serveurs, GPU et processeurs ?
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Vos partenaires cloud (AWS, Azure, Google Cloud) ont-ils des plans de continuité adaptés ?
La planification de scénarios géopolitiques n’est plus optionnelle — c’est un pilier de la résilience numérique.
La véritable souveraineté ? Pas avant 2027-2028
TSMC prévoit d’étendre ses capacités de packaging avancé aux États-Unis d’ici 2027-2028.
Ce n’est qu’à ce moment-là que l’on pourra parler de souveraineté réelle en matière de semi-conducteurs IA.
Jusque-là, la dépendance à Taïwan restera le talon d’Achille de toute l’économie mondiale — et encore plus de l’Europe.
Et vous ?
Comment votre entreprise gère-t-elle le risque de dépendance technologique dans sa chaîne d’approvisionnement ?
La résilience numérique est désormais une compétence stratégique.
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